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Peu d’entre nous ont le courage ou la témérité de tout laisser derrière eux pour réaliser leurs rêves d’aventures, de dépassement ou tout simplement pour vivre autre chose que la vie ordonnée,e ncadrée et aseptisée du monde moderne. Lorsqu’un de ces aventuriers au regard rempli de tous ces horizons revient au foyer, il en a long à raconter; il devient le héros, celui qui a fait face aux éléments, à la solitude, à la peur, au découragement, à la maladie même. Cet enfant prodigue, ou plutôt cet enfant prodige, nous l’accueillons à bras ouvert, nous voulons tout connaître de ses aventures, de ses rencontres, histoire de nous donner l’illusion de les avoir partagées ou d’avoir eu, nous aussi, ce courage de partir.
Hubert Marcoux est parti à 44 ans, à cet âge de remise en question pour beaucoup d’homme, et il a mis 18 ans pour faire son tour du monde. Il avait tout son temps. Son intention n’était pas d’accomplir une performance, ni de connaître la notoriété. Il était
arrivé à cette étape de sa vie ou il était important pour lui de vivre à sa façon, libre et heureux. Il est parti avec confiance et optimisme, comptant tout autant sur sa détermination, sa débrouillardise et ses habiletés manuelles que sur la bonne volonté des hommes qu’il rencontrerait. Il a accumulé une expérience unique en navigation, en construction et en entretien de bateau et surtout en relations humaines.
Hubert est un magicien. Sa magie, il l’exerce avec ses mains autant qu’avec ses paroles. Il sait nous captiver par son récit autant qu’il a captivé par son adresse les indiens Kuna des Îles San Blas. Et il a sûrement d’autres tours dans son sac et d’autres cieux à découvrir.
Serge St-Martin, Commandant en chef, Escadrilles canadiennes de plaisance
